Aujourd’hui la comparaison entre NBA et Euroligue est plausible. Deux cultures, deux modèles, deux façons de voir le basket en compétition. Mais plus question d’entendre parler de « David contre Goliath ». Non aujourd’hui la balance s’équilibre. Explication.
Depuis sa création par l’ULEB en 2000 (souvenez-vous ce coup de Trafalgar dans l’Europe du basket, une partie des clubs refusant de participer à
Retour sur les facteurs qui la différencie tant l’Euroligue de la « NBA ».
Le mariage des cultures

Par définition l’Euroligue comprend, pour faire simple, les mêmes pays potentiellement participant que son homologue du football, « la ligue des champions». Ainsi de Tel-Aviv (Israël) – la présence d’Israël en Euroligue s’explique aussi par le fait de la religion (en l’occurrence Judaïque) des dirigeants de l’ULEB, dont Jordi Bertomeu le président - à Malaga (Andalousie, Espagne) en passant par Kaunas (Lituanie) on retrouve divers clubs, venant de divers pays et par conséquent différentes attentes du basket-ball. Une différence qui est infiniment plus minime entre les supporters du Heat (Floride, extrême Sud-est des Etats-Unis) et ceux du Sonic (Seattle, Washington, extrême Nord-ouest). L’Euroligue doit donc faire en sorte d’adapter une telle compétition qui plaira tout autant aux fans du Barça qu’à ceux d’Efes Pilsen (Istanbul, Turquie).
Argent, diverses fortunes…

La Chorale n'avait pas les moyens de faire tomber le Pana en Euroligue...
Second point, les budgets. Si sur ce sujet la l’Euroligue est en constante progression, elle ne l’est pas encore globalement. De plus les grosses écuries européennes sont encore très loin, pour ne pas dire médiocre face à celles de NBA. Ainsi la masse salariale du vainqueur de l’édition 2007 de l’Euroligue, soit le Panathinaikos d’Athènes, est de 16 millions d’euros. Le budget du finaliste 2007 et champion 2006 est de 28 millions. A côté de cela, les petits poucets que sont Le Mans Basket (champion de France 2006) et
Des différences de budget qui se confirme malheureusement sur le parquet (Roanne-Panathinaikos 78-112…) alors que ce n’est pas le cas chez le pays aux 51 états (regardez tout simplement les Knicks de New York…). Ce sont chaque année les plus grosses cylindrées qui ressortent du Top 16. Jamais lors de ces dernières années une « petite » équipe est parvenue en quart de finale de l’Euroligue. Une chose qui peut sembler inatractive pour beaucoup d’entre vous.
Dernier sujet à abordé sur les budgets, la question des propriétaires. Si les franchises NBA sont détenues par des milliardaires plus ou moins présent aux côtés de l’équipe (Marc Cuban) ou dans les médias (Clay Bennett dernièrement, Jerry Buss et Paul Allen). Les grosses écuries d’Euroligue sont-elles parfois financés par des actionnaires un poil louche. Evidemment nos yeux se tournent vers les dirigeants russes, notamment celui du CSKA Moscou Roman Abramovitch, plus connu pour son rachat du Chelsea FC en 2003. Ancien actionnaire principal du groupe pétrolier Gaz Prom puis écarté sous la pression du dictateur officiellement président russe (bientôt replacé en 1er ministre) Vladimir Poutine, Abramovitch n’est pas un modèle de chrétien (blanchiments, scandales financiers…).Une clarté qui se retrouve aussi dans la sélection. En effet la réaction du coach israélo-American David Blatt après qu’il ait signé une prolongation pour conserver la tête de la sélection russe - « Jamais je n’ai vécu de négociation aussi facile » - n’avait pas étonné et en avait dit long sur le potentiel financier russe. Autre fait louche, la nationalisation du super meneur du CSKA JR Holden, qui ne partage rien de la culture russe. A l’époque Vladimir Poutine toujours était intervenu pour que l’afro Américain acquière rapidement son passeport russe, tout en mettant quelques liasses de billets sur la table. La solution pour que les clubs français marchent … ?
Qu’est ce qui fait ou ne fait pas l’attrait de ces championnats ?
Mais
De plus contrairement aux Wolves cette saison ou à Boston l’an passé, les équipes Européennes ne peuvent se permettre de couler dans le classement. Premièrement il n’y a pas de draft. Deuxièmement il y a bien sur alors une relégation qui se profilerait. Ensuite les fans n’accepteraient pas cela, ne remplieraient plus les salles alors qu’en Europe le pourcentage du budget dépend avant tout des places vendues. Ainsi ce phénomène est inenvisageable sur notre continent.
Que donne le duel Euroligue/NBA en confrontation directe ?

Durant la pré-saison NBA, qui équivaut au début des championnats européens (nationaux et continentaux) les franchises NBA viennent tester les meilleures équipes du vieux continent depuis une vingtaine d’année (premier McDonald’s Open en 1987). Dans une configuration unique en son genre - 44 minutes de jeu, ligne à trois points à
L’Euroligue, une affaire d’américain ?


Dion Glover et Louis Bullock, deux destins bien distincts.
Les américains représentent une immense part des effectifs de l’Euroligue. Et leurs rôles sont loin d’être secondaire. Ainsi dans le top 6 de l’évaluation de l’Euroligue, on retrouve cinq américains. Il y en a quatre dans le top 5 des meilleurs marqueurs alors que dans les statistiques majeures (points, rebonds, passes décisives et interceptions), ce sont à chaque fois des américains qui dominent ces moyennes. Pourquoi ? Ceci s’explique par la valeur marchande de ces joueurs. Après leurs cursus universitaires suivit d’un échec lorsqu’ils tentent l’accession à
Mais ce fait peut aussi prendre une toute autre tournure. Souvenez-vous, Dion Glover. Drafté en vingtième position lors de la draft 1999, cet arrière explosif est titulaire aux Hawks d’Atlanta avant la fin de son contrat rookie. Il est fait bonne figure, affichant des moyennes plus correctes (près de 12 points et 5 rebonds). Mais énorme surprise, durant l’intersaison 2003, Glover s’engage avec Fenerbahce (Ulker Istanbul). La saison suivante il affiche un niveau de jeu morose en Euroligue (8.5 points à 39% en 24 minutes), manquant visiblement de culture du jeu et de propreté dans sa gestion. Son coach de l’époque, Ergin Ataman, ira même jusqu’à déclarer « qu’il n’avait pas le niveau ». Aujourd’hui Glover ne fait plus beaucoup de bruit dans les circuits pros (aux dernières nouvelles en République Dominicaine...) après avoir fait banquette sur le banc de San Antonio lors des play-offs 2004.
Malgré tout ce cas reste à part – d’autant plus que l’inverse est encore plus fréquent (Arvydas Macijauskas, Sarunas Jasikevicius) -, les américains mal payés dans les ligues mineures - le salaire de NBDL est digne du SMIC actuel - viennent gagnés leurs vies en Europe. Même si la culture de ces joueurs est bien différente, ce qui crée souvent des tensions au sein même des clubs, la plupart des atouts numéros un des équipes d’Euroligue sont américains. Cependant le taux d’échec de ces « ricains » en Europe est très important, après avoir goûté à nos championnats nationaux, beaucoup d’entre eux reprennent l’avion dans le sens inverse.
Le jeu


Obradovic et Rivers, deux hommers aux rôles dissociables.Comme beaucoup l’atteste l’Euroligue est devenu une compétition attractive avec un jeu en tout point différent que celui pratiqué en NBA. « Le basket américain, c’est du un contre un ou deux contre deux. Le reste du monde joue en équipe, fait des écrans, des passes. En NBA on joue l’isolation. En FIBA c’est différent. Il faut bouger, s’arranger pour qu’il se passe quelque chose ». Voila les mots sorties de la bouche du MVP 2007, Dirk Nowitzki, il y a maintenant trois ans de cela. Des mots qui de plus sortent de la bouche du meilleur joueur NBA avec Kobe Bryant et Tim Duncan, et de plus du meilleur joueur FIBA. Une citation qui caractérise parfaitement ces différences entre jeu dit de NBA et jeu dit de FIBA. Ainsi en Europe le jeu est plus fermé, la défense privilégiée par l’arbitrage contrairement à
En Europe les entraineurs ont un impact plus direct sur le jeu de l’équipe. Ainsi un Bozidar Malkovic a toujours su inculquer une défense de fer impénétrable à ses équipes. La pédagogie ? Elle est moins présente. Laurent Sciarra l’expliquait récemment à Basketnews, Obradovic, vainqueur de six Euroligue en tant que coach, était allé jusqu’à lui faire craché du sang à l’entrainement, après un match un mauvais match du meneur dijonnais à l’époque ou il évoluait à
Il y a donc deux modèles bien distincts. Deux modèles séparés géographiquement d’un océan et spirituellement de cultures avant tout basket-balistiquement dissociables. Comme le nouveau sélectionneur des bleus, Michel Gomez, l’a très bien décrit, les américains « sont dans un système énorme et différent, mais ça n’est pas le jeu qui est différent. Eux, ils s’entrainent en jouant. Nous on est obligé de s’entrainer pour jouer » avait-il confié à nos confrères Thierry Bretagne et Fabien Friconnet. Une phrase qui veut tout dire, une phrase qui n’oppose pas le jeu en lui-même mais le système. Seulement aujourd’hui l’obsession de comparer le niveau ces championnats est croissante. Cette obsession atteint même les premiers concernés, c'est-à-dire les joueurs. En début de saison l’arrière de
Des niveaux désormais proches pour deux systèmes cependant si éloignés. Le Basket-ball n’en a jamais été excitant et riche !
Rédigé par Mickey 
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